Essai terrainL'avis de notre essayeur sur la S 1000 R de 2025
Le roadster est plus qu’une catégorie de motos. C’est la perception originelle, l’essence même du déplacement symbiotique entre l’homme et la machine. L’essentiel, l’apport brut de sensations, aujourd’hui décliné sous de multiples formes.
Comme dans tout écosystème, des prédateurs rôdent. Au-dessus d’eux, les super-prédateurs comme la S 1000 R dominent les débats et les routes qu’ils soumettent.
Morsure des yeux
Style (4/5)
Cela commence avant même la prise en main. Ce matin de frais et de Gers conduit les plus frileux d’entre nous à chercher deux éléments vitaux : le café et les poignées chauffantes. Les deux sont en option sur la BMW mais seront quand même de notre compagnie. Yes ! L’astre solaire éclaircit les couleurs “pimpées” de notre modèle d’essai - ce bleu et jaune-vert lui va à souhait - tandis que le râle rapide du 4-cylindres s’envole dans la brume de l’échappement. Avec son nouveau regard, enfin digne de l’agressivité de sa nature, la S 1000 R 2025 veut faire trembler vos jambes. Bien plus par sa force que par le froid. Un serpent ferait moins d’effet, pendant que l’embrasure de ses yeux souligne les photons de la discorde.
Ce nouveau style passe aussi par la pose d’un petit badge “R” à l'intérieur de la fausse prise d’air. Oui, fausse, car le flux est aspiré par des conduits derrière le bloc optique. Rassurez-vous, cela n'empêche pas le moteur de respirer à plein poumon. L’assemblage de la moto est sérieux, la qualité bien présente, et bien que son charme germanique soit plus froid que les productions italiennes ou britanniques, ce roadster dégage assez d’émotions pour éveiller les sens de l’arsouille.
Sport-iate
Confort (3/5)
Il est sûr de lui ! Cela transpire sous chaque angle de son corps. Lequel n’est autre qu’une variante extrêmement proche de la sportive S 1000 RR. En s’installant sur la selle, on sent tout de suite la parenté avec une “prise en jambe” très semblable. Heureusement, les guiboles moins pliées et la saisie d’un guidon au lieu des bracelets promet moins de fatigue et de contraintes. Mais l’ergonomie est sportive, indéniablement, avec une position incisive, à même d’encourager le pilote à rester presque aussi tendu qu’elle. C’est un streetfighter, authentique, garant d’un confort du même niveau.
C’est encore en ville que l’on cerne le mieux les aspérités d’une machine - surtout quand celle-ci a été conçue pour faire parler la poudre et non flâner dans les ruelles. Bon, pas de surprises, elle boude gentiment de ne pouvoir s’exprimer. Les suspensions adaptatives (en option) permettent de ne subir que modérément les cicatrices de la route et la douceur des commandes, surtout l’embrayage, permet de traverser la cité sans trop criser. Mais entre l’appui sur l’avant et ce moteur qui piaffe d’impatience en permanence, la moto comme son meneur se sentent très vite à l’étroit. Faut sortir de là et vite !
Du sang de circuit
Moteur (4/5)
Ainsi, les départementales apparaissent comme une délivrance, les nationales s’apparentent à un amuse-gueule épicé. Mais il faut garder la tête froide et prendre en compte un fait établi. Cette moto a une telle santé et un 4-cylindres suffisamment copieux pour vous entraîner rapidement hors des limites légales ; et hors des limites tout court. La gourmandise d’un rythme adapté à sa mesure ne peut se concevoir que sur des routes où l’on peut vraiment envoyer de la sauce.
Car une fois que l’on a senti la poussée du bouilleur allemand, il devient dur de se résigner à rouler cool. Très souple et déjà présent dès les bas-régimes, il s’amuse de sa force très linéaire pour pousser franchement à 6 000 tours, de là rajoute une couche de muscle jusqu’à 8 000 trs puis en remet encore comme si le steak ne faisait que s’épaissir. Avec un accélérateur qui transmet parfaitement et sans temps mort vos instructions, la S 1000 R prend chaque ligne droite pour un sprint où nul élément ne songe à la calmer. Dommage que sa linéarité soit définie davantage comme efficace qu’émotionnelle. Même si la puissance vous soulève le cœur et les zygomatiques, il lui manque ce trait de personnalité qui rend une mécanique plus attachante qu’une autre.
Mais cette “rationalité” participe à une mise en confiance rapide, avec cette patate à la fois débordante et presque “prévenante”. Attention, y a 170 chevaux quand même. Avec une électronique régulant pas mal de choses. Ce qui signifie que vous arrivez très vite sur les virages quand vous énervez le bouilleur. Donc, vous pouvez jouer, envoyer du gaz, vous faire plaisir à la recherche de trajectoires et d’une belle traction en sortie de courbe mais gardez toujours à l’esprit que c’est une bombe qui vit dans le cadre périmétrique en alu. Oui, cela vaut pour toutes les pompes à feu. Mais certaines vous intimident très vite pour vous calmer naturellement. La BMW est moins émotive, presque sereine tandis que les chiffres s’affolent. Toutes proportions gardées, bien sûr.
Tracer l'objectif
Châssis (5/5)
La force motrice est secondée par un shifter délicieux à l’usage, permettant de valser entre les rapports sans arrière-pensée ; ni même avant. Cette S 1000 R peut aussi compter sur un châssis très efficace, neutre et homogène dans chaque phase de conduite. L’avant engage naturellement à la demande, le reste suit avec une découpe de la route dans le regard comme dans les roues. Surprenant car l’aura agressive de la moto laisse songer à un profil routier plus nerveux, plus engagé, plus vif alors qu’elle est en réalité très dynamique mais pas excessive. Les suspensions intelligentes travaillent discrètement sur une hydraulique judicieusement retenue sans trop sacrifier au confort, typé sport quand même.
Le doigt sur la gâchette
Freinage (5/5)
Au hasard d’un petit village, j’aperçois furtivement un Renault Spider dans le show-room d’une concession. La barquette automobile des années 90 avait défrayé la chronique à l’époque et se craquait un 0 à 100 km/h en 8 secondes. La S 1000 R est capable, dans le même délai, de bondir de l'arrêt à…… 200 km/h. Avec un tel potentiel d’accélération, le frein se doit d’être excellent ; au minimum. Les étriers Brembo radiaux M4.32 font un super boulot, avec un beau mordant très progressif et beaucoup de force de décélération. Le feeling au doigt (oui, un doigt suffit) vous permet de doser très justement la force à appliquer. Mais, avec une machine de ce calibre, on aurait bien aimé une attaque plus incisive, avec des Brembo Stylema par exemple.
Choisir ses cartes maîtresses
Equipement (3/5)
La petite promenade aura demandé 6,7 litres / 100 km en moyenne. Une valeur à relativiser comme toujours, vu le rythme “saccadé” de la sortie. De toute façon, avec tant de watts et le blason BMW sur la carlingue. Une donnée que l’on retrouve assez facilement sur le grand écran TFT couleur de 6,5 pouces. Très réussi, il permet de choisir plusieurs styles d’affichages, dont la plupart vous permettent de connaître l’angle pris dans les virages, la force de freinage, le niveau d’intervention du DTC, le Mode de conduite actif, le rapport engagé, la vitesse, éventuellement la pression des pneus et bien sur un compte-tours prenant la meilleure place. Celui-ci vous encourage vivement à ne pas ouvrir comme un porc pendant que le moteur chauffe, grâce à une zone rouge abaissée, qui se décale au fur et à mesure de la montée en température.
Hélas, avec mon emploi du temps, je n’ai pas eu l’occasion de tester les multiples réglages des béquilles électroniques. Après avoir apprécié leurs interventions discrètes, je pense au boulot qu’elles doivent effectuer quand de folles cavalcades ponctuent la journée. De série, la S 1000 R est pourvue de la régulation du couple moteur (très pratique pendant les freinages très musclés ou sales), de trois Modes de conduite, du contrôle de traction et de l’ABS cornering. D’autres modules et surtout des assistances réglables ne seront déverrouillables qu’avec les options. Certaines me semblent de bon aloi, comme le shifter Pro ou les poignées chauffantes. Pour le reste…… je suis un vieux c.. qui vérifie ses pneus régulièrement, aime insérer la clé dans le contacteur et quelque peu réfractaire à passer du temps dans les menus. Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il n’y a rien d'intéressant au catalogue. Par contre, vous allez rapidement passer de 16.900 euros (prix de base) à… beaucoup plus. A combien peut-on faire sauter le tarif de la S 1000 R en la chargeant au maximum ? Presque le double.
La furie juste avant la folie
Plus que de l’efficacité supplémentaire, la BMW S 1000 R 2025 a enfin le visage de ses performances. Le roadster sait allier la puissance et la facilité, agrémenté d’une sécurité et d’une rigueur très enviable. Sa conduite sait être précise et homogène, et son équilibre en fait une arme routière de choix. Reste un manque d’émotions non rédhibitoire, un tarif à étages et un côté pousse-au-crime auquel il est difficile de résister.
Greg est le créateur du site. Passionné de moto depuis sa plus tendre enfance, il a eu l'idée de créer un site pour partager sa passion avec ses amis.
Progressivement, le site s'est transformé en une véritable référence de la moto. Il est devenu un expert en la matière, maîtrisant les données techniques de toutes les marques. Rédacteur à l'imagination débordante, malgré un métier aux antipodes de sa passion, Greg est cheminot. Cependant, il partage quotidiennement ses connaissances sur le site. Il est notre référence pour les fiches techniques et l'actualité moto, ce que de grands médias appelleraient un rédacteur en chef.
Les points forts
Moteur souple et puissant
Châssis et précis
Regard plus expressif
Les points faibles
Peu à l'aise en ville
Appui sur les avant-bras fatiguant en promenade
Galerie photosde notre essai de la S 1000 R
Indispensables
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Elle est belle mais, je suis un vieux de la vieille, Je suis nostalgique des motos des années 90, elles avaient plus de styles mais bon, ceci dit, j'admet que cete BMW m'intrigue.
Au Québec, les sportives à carénage coûtent fichtrement chère à immatriculer, même pour un pro expériementé comme moi. Ici, pas de discrémination avec les conducteurs de sportives, nous sommes tous dangereux pour le gouvernement c'est pourquoi je considère sérieusement ce modèle versus la ZX14 de Kawasaki qui, bien que parfaite pour moi, coûte une beurrée en frais supplémentaires.
De plus, j'ai fait le tour des japonaises et anglaises et je ne parlerai pas des américaines qui sont d'une insipidité soporifique pour un fou de vitesse comme moi (sans parler des stupides tarifs douanier).
Bref, cette jolie bavaroise me plaît au point d'aller la voir en vraie parcontre, me plaira-t-elle une fois sur place ?
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Au Québec, les sportives à carénage coûtent fichtrement chère à immatriculer, même pour un pro expériementé comme moi. Ici, pas de discrémination avec les conducteurs de sportives, nous sommes tous dangereux pour le gouvernement c'est pourquoi je considère sérieusement ce modèle versus la ZX14 de Kawasaki qui, bien que parfaite pour moi, coûte une beurrée en frais supplémentaires.
De plus, j'ai fait le tour des japonaises et anglaises et je ne parlerai pas des américaines qui sont d'une insipidité soporifique pour un fou de vitesse comme moi (sans parler des stupides tarifs douanier).
Bref, cette jolie bavaroise me plaît au point d'aller la voir en vraie parcontre, me plaira-t-elle une fois sur place ?
On verra... Note : 3/5 Répondre à Vikingir